C'est l'une des questions les plus préoccupantes du cycle menstruel, qu'on l'espère ou qu'on la redoute. Les seins sont tendus, on est fatiguée, les émotions débordent, le ventre tire... Est-ce que c'est le SPM qui s'annonce, ou est-ce que ça pourrait être autre chose ? Que ce soit parce qu'on espère être enceinte ou parce qu'on ne le veut pas du tout, cette incertitude de fin de cycle est connue de beaucoup de femmes.
Et pour cause : les symptômes du syndrome prémenstruel et ceux du début de grossesse se ressemblent à s'y méprendre. Pas par hasard car ils ont, en fait, la même origine hormonale. Voilà ce qu'il faut savoir pour y voir plus clair, sans s'emballer dans un sens ou dans l'autre.
SPM et grossesse : pourquoi les symptômes se ressemblent autant ?
Pour comprendre la confusion, il faut regarder ce qui se passe dans le corps après l'ovulation.
Quand l'ovule a été libéré, le follicule ovarien se transforme en corps jaune et commence à produire de la progestérone. Cette hormone joue un rôle central dans la deuxième partie du cycle : elle prépare l'endomètre à accueillir un éventuel embryon, maintient la température corporelle légèrement plus élevée, et a un effet globalement relaxant sur l'organisme.
En parallèle, les oestrogènes continuent d'être présents. Ils peuvent provoquer des tensions dans les seins, des jambes lourdes, des maux de tête ou de la rétention d'eau.
Ce cocktail hormonal est identique qu'il y ait grossesse ou non dans les premiers jours qui suivent l'ovulation. C'est pourquoi les symptômes se ressemblent autant.
La différence se joue ensuite. Sans grossesse, le corps jaune se détériore progressivement. La progestérone chute, les oestrogènes aussi, et ce dégringolade hormonale peut être vécue comme un sevrage : changements d'humeur, irritabilité, fatigue, douleurs. C'est le SPM. Puis les règles arrivent, et tout s'estompe.
Avec une grossesse, c'est le scénario inverse. L'embryon implanté produit une hormone, la bêta-hCG, qui maintient le corps jaune en activité et donc la progestérone à un niveau élevé. Les symptômes ne disparaissent pas avec les règles. Ils s'intensifient.
Fatigue, seins tendus, nausées : les symptômes communs au SPM et à la grossesse
Voilà pourquoi ces deux situations partagent autant de signes :
- La fatigue est présente dans les deux cas. La progestérone, qu'il y ait grossesse ou non, a un effet apaisant sur le système nerveux, ce qui se traduit concrètement par une envie de dormir, une baisse d'énergie.
- Les tensions dans les seins sont liées à la présence des oestrogènes, qui stimulent les glandes mammaires. Elles surviennent aussi bien en SPM qu'en début de grossesse.
- Les crampes et tiraillements dans le bas-ventre peuvent correspondre à des contractions utérines légères avant les règles, ou à l'implantation de l'embryon dans l'utérus.
- Les nausées peuvent apparaître dans les deux situations. En SPM, elles restent généralement légères et passagères, souvent associées aux maux de tête. En début de grossesse, elles sont liées à la bêta-hCG et tendent à être plus intenses, parfois accompagnées de vomissements ou d'aversions alimentaires.
- Les changements d'humeur, l'irritabilité, les larmes qui montent sans raison évidente : tout ça peut survenir dans les deux cas, sous l'effet des fluctuations hormonales.
- Les troubles digestifs, les ballonnements, le ventre gonflé : même origine, même résultat.
En clair, aucun de ces symptômes pris isolément ne permet de conclure quoi que ce soit. C'est frustrant, mais c'est la réalité.
Les signes précoces de grossesse qui diffèrent du SPM
Quelques signes sont plus caractéristiques d'une grossesse que d'un SPM, sans toutefois être une certitude absolue.
Quand apparaissent les symptômes du SPM et de la grossesse ?
C'est peut-être le critère le plus utile à observer. Les symptômes du SPM surviennent généralement dans la semaine qui précède les règles, souvent dans les 3 à 4 derniers jours du cycle. Mais certaines femmes ont un SPM plus précoce, qui peut démarrer dès la fin de l'ovulation, notamment en cas de SPM sévère ou de déséquilibre hormonal.
Les signes d'une grossesse, eux, peuvent apparaître dès 6 à 7 jours après l'ovulation, au moment où l'embryon s'implante dans l'utérus. Si des symptômes inhabituels surviennent très tôt dans la deuxième partie du cycle, c'est un indice à noter.
Saignement de nidation ou spotting prémenstruel : comment faire la différence ?
Environ 6 à 7 jours après l'ovulation, l'implantation de l'embryon dans l'endomètre peut provoquer un très léger saignement, bref et peu abondant. Il est souvent rose pâle ou brunâtre, et dure quelques heures tout au plus.
Ce saignement de nidation peut être confondu avec un spotting prémenstruel, mais les deux ont des caractéristiques différentes : le spotting prémenstruel s'étale sur plusieurs jours et tend à s'intensifier jusqu'à l'arrivée des règles, tandis que le saignement de nidation est ponctuel. Cela dit, beaucoup de femmes enceintes n'ont pas ce saignement, donc son absence ne signifie rien.
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Les seins : au-delà de la simple sensibilité
En SPM, les seins sont souvent tendus et douloureux, mais leur aspect ne change généralement pas. En début de grossesse, en revanche, des transformations plus visibles peuvent apparaître : les tubercules de Montgomery, ces petites glandes autour de l'aréole, deviennent plus saillants et blanchâtres. Les veines de la poitrine peuvent être plus visibles. Et l'alourdissement des seins s'accentue semaine après semaine, au lieu de disparaître avec les règles.
La température basale
Pour celles qui suivent leur cycle en mesurant leur température chaque matin, la courbe peut donner un indice précieux. Après l'ovulation, la température monte sous l'effet de la progestérone et reste haute jusqu'aux règles. Si une grossesse est en cours, elle reste élevée au lieu de descendre. Plus de 16 températures hautes consécutives après l'ovulation, c'est un signal fort.
Certaines femmes observent aussi un léger creux de température au moment de l'implantation, suivi d'une remontée : ce qu'on appelle parfois le "V de la nidation".
Les nausées avec vomissements et aversions
Les nausées légères peuvent survenir en SPM. Mais des nausées intenses, accompagnées de vomissements ou d'aversions soudaines pour certains aliments ou certaines odeurs, sont plus évocatrices d'une grossesse débutante, sous l'effet de la bêta-hCG.
L'absence de règles
C'est le signe le plus évident et le plus tardif. Si les règles ne sont pas au rendez-vous à la date attendue, la grossesse devient une hypothèse sérieuse. Mais attention, un retard de règles peut aussi avoir d'autres causes : stress, maladie, variation de poids, cycle irrégulier.
L'absence de symptômes : ça arrive aussi
Tout ce qui précède peut donner l'impression qu'une grossesse se remarque forcément. Ce n'est pas toujours le cas. Certaines femmes enceintes ne ressentent ni fatigue particulière, ni tensions dans les seins, ni nausées, surtout dans les tout premiers jours. L'absence de signes ne signifie pas l'absence de grossesse. Chaque corps réagit différemment, et certaines grossesses débutent dans un silence total du côté des symptômes.
Syndrome prémenstruel : définition et ce qu'il n'est pas
Un point important, souvent mal compris : le syndrome prémenstruel concerne 20 à 40 % des femmes en âge de procréer selon l'INSERM, et perturbe significativement la vie quotidienne d'un tiers d'entre elles. Ses symptômes sont réels, parfois très invalidants, et sa forme sévère a même un nom : le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM).
Le SPM n'est pas "dans la tête". Ce n'est pas un manque de volonté. Et il n'est pas une fatalité : si vos symptômes prémenstruels sont régulièrement intenses et perturbent votre quotidien, parlez-en à votre médecin. Des solutions existent.
SPM ou grossesse : quand et comment faire un test de grossesse ?
La réponse est simple, même si elle demande de la patience : le seul moyen de savoir avec certitude si vous êtes enceinte ou non, c'est de faire un test de grossesse ou une prise de sang de dosage de la bêta-hCG.
Les tests de grossesse urinaires les plus sensibles peuvent être positifs dès le 10e jour après l'ovulation, mais les faire trop tôt augmente le risque de faux négatif. Le bon timing : dès le premier jour de retard de règles, ou 14 jours après l'ovulation si vous la connaissez précisément. Si le résultat est négatif mais que les règles ne viennent toujours pas, refaites un test 48 heures plus tard.
La prise de sang est plus fiable et peut être positive un peu plus tôt qu'un test urinaire. Demandez un dosage quantitatif de la bêta-hCG si vous avez besoin d'avoir une réponse sûre rapidement.
En attendant, observer ses symptômes est utile, mais ne permet pas de conclure. C'est inconfortable, mais c'est comme ça. Et ça ne dure que quelques jours.
Ce qu'il faut retenir
- Le SPM et le début de grossesse partagent beaucoup de symptômes parce qu'ils ont la même origine hormonale : la progestérone et les oestrogènes sont présents dans les deux cas après l'ovulation.
- En SPM, les symptômes disparaissent avec les règles. Avec une grossesse, ils s'intensifient et persistent.
- Les signes plus évocateurs d'une grossesse : un saignement de nidation bref vers le 6e-7e jour après l'ovulation, des modifications visibles des seins (tubercules de Montgomery, veines), des nausées intenses avec aversions, une température basale qui reste élevée, et surtout l'absence de règles.
- Le seul moyen d'en avoir la certitude : un test de grossesse ou une prise de sang, au bon moment.
- Le SPM est réel, parfois invalidant, et ne doit pas être banalisé. Si vos symptômes sont régulièrement intenses, parlez-en à votre médecin.
Sources
- INSERM - C'est quoi le syndrome prémenstruel ?
- Emancipées - SPM ou grossesse ? Le jeu des différences.
- La Maison des Maternelles - Tout savoir sur le syndrome prémenstruel.
- Emancipées - Symptômes de nidation : quels sont les signes précoces de grossesse avant les règles ?